F comme Frotteur

Tant de mes ancêtres ont eu des métiers reliés au bois et à sa transformation qu’il est difficile de garder le compte. Les plus anciens étaient scieurs de long tandis que leurs fils et petit-fils étaient ébénistes ou menuisiers et que d’autres sont devenus tapissiers ou tapissiers-décorateurs. Enfin, plusieurs pratiquaient des métiers qui ont plus ou moins disparus incluant certains dont je n’avais jamais entendu parler comme celui d’échalassier ou de frotteur.

Le premier est directement relié à la vie rurale et au travail de la vigne. Alors que le second, bien citadin, était pratiqué par mon arrière-grand-père Jean Adam Frey. Né en Lorraine en 1854, celui-ci vécut sa vie d’adulte essentiellement à Paris de la fin des années 1870 ou début 1880 jusqu’à sa mort en 1907. Si lors de son mariage en 1882, il déclare être menuisier dès l’année suivante à la naissance de sa fille, il se dit frotteur. Un métier qu’il semble avoir exercé jusqu’à sa mort à l’âge de 53 ans.

parquet Versailles

Le frotteur s’occupait de l’entretien des parquets cirés ou vernis des grandes maisons et appartements bourgeois. Leur popularité date du siècle précédent avec l’ouverture du Chateau de Versailles en 1634 qui donna même son nom à un motif très intriqué de parquet. Très vite, ils devinrent un signe de standing pour la noblesse et la grande bourgeoisie.

Le site Geneanet décrit la profession de frotteur de parquets comme suit :
« Ouvrier chargé de racler les parquets en bois, au moyen de rabots spéciaux ou des grattoirs en acier, parfois même au moyen d’un bout de verre ; ils effectuaient un véritable décapage à la main, puis le parquet était poncé à la paille d’acier ; ensuite il pouvait être ciré ou vernis. »

Les raboteurs de parquets, Gustave Caillebotte, 1875

On peut cependant imaginer qu’avec une formation de menuisier, le rôle du frotteur pouvait aussi inclure la réparation et même la teinture des planchers ainsi que le polissage.

Répertorié dès le 17ème siècle, le métier de frotteur connut son apogée vers 1850 pour presque disparaître de nos jours. Ainsi, pour l’ensemble du 19ème siècle, Geneanet rapporte plus de 5000 frotteurs travaillant principalement à Paris et dans le Massif Central. Ce chiffre tombe à un peu plus de 1700 artisans pour la période de 1900 à 1950. Il n’en restait plus qu’une soixantaine de 1975 à l’an 2000. https://www.geneanet.org/metiers/detail/frotteur-all/Frotteur

Ce déclin est probablement dû aux changements de l’industrie tels que la prolifération d’outils électriques comme les sableuses et à l’industrialisation de la production des parquets.

C’était sûrement un métier très dur sur le corps comme en témoigne le tableau de Gustave Caillebotte (1848-1894) intitulé Les raboteurs de parquets peint en 1875, donc à peu près l’époque où mon arrière-grand-père travaillait. Le tableau fait partie de la collection du Musée d’Orsay à Paris.

Publié par L'abécédaire de mes ancêtres

Bonjour, D'origine française, je vis au Canada depuis plus de 40 ans. Généalogiste amateure, j'essaye de retracer la vie de mes ancêtres. Grâce à l'aide inestimable de parents mais aussi à des photos d'époque et à des articles de journaux ainsi qu'à des documents d'état civil et d'archives, je m'efforce de remonter le temps. Les articles réunis dans ce blogue sont principalement destinés à ma famille mais aussi à toute personne intéressée à l'histoire du quotidien et de gens ordinaires ayant mené une vie supposément sans histoire. Dominique G.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :