Z comme Zacharie et Zoé

Lettre Z décorée XVIIIe siècle
https://www.meubliz.com/definition/lettre_z/

Bien sûr, la lettre Z me faisait un peu peur! Mais, ayant commencé cet abécédaire par A comme Aline, j’ai décidé d’explorer les prénoms commençant par un Z et surprise, j’en ai trouvé plusieurs qui m’ont permis de découvrir quelques destinées qui m’étaient inconnues mais aussi de boucler la boucle et de faire le lien avec le présent. Ainsi, je me suis intéressée aux prénoms Zoé et Zacharie, deux prénoms qui ont traversé le temps et qui sont portés par des jeunes de mon entourage.

Ma petite fille Zoé, qui est presque toujours de bonne humeur, est un vrai rayon de soleil. Elle n’est cependant pas la première Zoé de la famille, même si son homonyme a vécu il y a bien longtemps.

Il y a aussi un Zacharie qui fait partie de ma famille élargie. Je le croise régulièrement et je m’intéresse à lui car je le trouve bien déterminé et courageux. Il vient d’avoir 22 ans et c’est le fils de mon ex-mari qui est un grand admirateur du chanteur acadien Zacharie Richard. Là aussi, j’ai pu retracer trois Zacharie parmi mes ancêtres :

Ancienne carte postale de Pancy-Courtecon
Carte de Pancy avec Monthenault au nord ; Courtecon
au sud ; Colligis à l’ouest et Chamonille à l’est
Extrait de la monographie de Pancy réalisée fin 19e
Archives départementales de l’Aisne

Mon ancêtre direct de sixième génération, Jean Baptiste Zacharie Labre a vécu de 1770 à 1821 dans l’Aisne, à Pancy, qui plus tard est devenu Pancy-Courtecon en s’associant à la commune voisine.

Jean Baptiste Zacharie était menuisier et s’est marié fin avril 1802 à l’âge de 30 ans avec Marie Louise Marly, une fille du village de 25 ans après avoir obtenu une dispense de publication pour deux des trois bans annonçant leur mariage. Six mois plus tard, soit début novembre, ils accueillaient une petite fille prénommée Ernestine (bien qu’écrit Herestine au registre des naissances). Au total, ils auront quatre enfants incluant mon ancêtre Marie Louise Flore, leur seconde fille née en 1807, suivie un an plus tard par leur fils Louis Zacharie Napoléon Labre puis d’un autre fils Louis Idelfonse né en 1814. Pancy, situé dans la vallée de l’Airelle, était alors un village d’environ 150 habitants et Jean Baptiste Zacharie a passé toute sa vie dans la région. Ainsi, il vivra ses dernières années à Monthenault, le village limitrophe situé au nord de Pancy.

Jean Baptiste Zacharie et sa famille ont probablement eu une vie assez frugale comme en témoigne les monographies de Pancy et Monthenault.

Extrait de la monographie de Monthenault pour 1884
Archives départementales de l’Aisne

« Le régime alimentaire est des plus simples : les productions de la terre en forment la base; la viande de boucherie : boeuf, veau mouton y apparaît rarement – on pourrait dire dans les circonstances exceptionnelles. Le porc élevé dans presque tous les ménages, tient la place d’honneur, sans oublier le lapin traditionnel. Le pain est en grande partie fabriqué à la maison avec la farine de méteil. La boisson habituelle est le cidre ; peu de vin, peu de bière, si on excepte la consommation restreinte faite au cabaret.« 

Alors que la population générale jouit d’une excellente longévité, Jean Baptiste Zacharie est décédé chez lui à quelques semaines de ses cinquante ans. Malheureusement, comme c’est souvent le cas pour les actes de décès français, le document ne donne aucun détail sur les causes de sa mort bien qu’on puisse penser qu’à un si jeune âge, il s’agit probablement d’un accident ou d’un malaise quelconque.

Acte de décès de Jean Baptiste Zacharie Labre
Archives départementales de l’Aisne

« L’an mil huit cent vingt et un le quinze avril par devant nous Gervais Riquet adjoint de la commune de Monthenault … sont comparu Derosiers Charles Louis charon et Henry Nicolas propriétaire tout deux demeurant audit Monthenault lequelle nous onte déclarée que le quatorze du présent à douze heure du soir étoit décédé Labre Baptiste Zacharie âgé de quarante neuf ans et deux mois née à Pancy et il étoit fils de Nicolas Labre et de Marie Josephe Lahaigue et il étoit mariée avec Marye Louise Antoinette Marlye décédé à sa maison au moulin de Monthenault… »

À la mort de son père, Louis Zacharie Napoléon, le deuxième Zacharie de cet article, n’a que 12 ans.

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Le taillandier : Tableau d’après nature pour l’instruction de la jeunesse
Extrait de la base numérique du patrimoine d’Alsace sur les vieux métiers
 Photo et coll. de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg.

On le retrouve à 20 ans, en 1729, au mariage de sa soeur Ernestine puis, dix ans plus tard, au mariage de son frère Ildephonse où il est témoin. À chaque occasion, Il déclare vivre au village de Monthenault et être taillandier. Un métier qui se définit comme suit : « De la pelle au compas de précision en passant par le sécateur et la lime, le taillandier forge les outils tranchants et pointus à partir de plaques ou de barres de fer. Les manches sont en bois ou en laiton. »

Louis Zacharie Napoléon se mariera en 1839, avec Marie Françoise Rambourg une fille d’Oeuilly dans l’Aisne où ils s’établiront. Au fil des actes d’état civil, sa situation professionnelle évolue et il se dit maréchal en 1835, manoeuvrier en 1856, cultivateur en 1859 et propriétaire en 1877 alors qu’il est âgé de 67 ans. Avec son épouse, ils auront quatre enfants deux garçons et deux filles dont la dernière est décédée âgée de quelques mois. Selon mes recherches, les trois autres se sont mariés mais je n’ai trouvé de descendants que pour Louis Henri leur fils cadet; établi à Lierval situé à cinq kilomètres de son village natal, il aura quatre fils dont deux décéderont en bas âge.

Le troisième Zacharie de mon arbre genealogique est Jean Zacharie Laire (1807-1887). C’est un parent par alliance qui a vécu à Crouy, aussi dans l’Aisne. De son premier mariage, il a eu quatre enfants deux garçons et deux filles mais seules les filles ont survécu, se sont mariées et ont fondé famille. En 1857, sa fille Louise Eugénie a épousé le frère de mon arrière-arrière-grand-père Prosper Victor Judasse.

Avec les nombreux mariages et remariages, les familles recomposées étaient choses courantes au 19e siècle. Ainsi, en 1869, à l’âge de soixante et un ans, Jean Zacharie s’est remarié avec une veuve dont il était le troisième mari. Ce faisant, il accueillait chez lui non seulement sa nouvelle épouse mais aussi les enfants dont elle avait la charge, incluant une fille de celle-ci, issue de sa première union et qui s’est très bien intégrée dans sa nouvelle famille. Il hébergeait aussi le fils du second mari de son épouse, orphelin de père et de mère et dont elle s’occupait. Malheureusement, quelques années plus tard, l’enfant âgé de 16 ans, allait décéder chez lui. Nous n’en connaissons pas la cause.

Image d’émouleurs travaillant en atelier.
Comme en fait foi cette photo,
certains commençaient le métier très jeunes

Jean Zacharie était émouleur, un autre métier particulièrement pénible et dangereux. Ce qui ne l’empêcha pas de vivre jusqu’à soixante dix-neuf ans. Les émouleurs travaillaient en atelier et fabriquaient les lames des couteaux. Les rémouleurs étaient en boutique ou sur la route et réaiguisaient les lames des couteaux et autres outils tranchants. « Ce sont des émouleurs, qui travaillent toute la journée couchés à plat-ventre, aiguisant des pièces de coutellerie sur une petite meule placée au-dessous de leur tête. » Goncourt, Journal, 1893, page 412.

Atelier dans une école professionnelle où on apprend à faire des corsets

Quant à mon ancêtre nommée Zoé, elle est aussi une parente par alliance. Zoé Joséphine Ducloz, qui est née à Paris était corsetière. Un métier qui pouvait s’apprendre soit directement dans l’industrie soit après un programme de deux ans
dans une école spécialisée surtout offert dans les grands centres comme Paris.

Zoé Joséphine est la seconde épouse de Louis Langlois dont la mère Marie Julie Guillaumant est la soeur de mon ancêtre direct Charles Joseph Constant Guillaumant. Zoé et Louis se sont mariés à Paris en 1900, après une dizaine d’années de vie commune et avoir donné naissance à trois filles entre 1890 et 1897 qu’ils ont légitimées lors de leur mariage. Elle avait alors trente-huit ans et lui en avait soixante et huit. Alors que son père était tanneur, Louis Langlois a préféré suivre la tradition de sa branche maternelle, les Guillaumant, et travailler comme sculpteur sur bois.

Publié par L'abécédaire de mes ancêtres

Bonjour, D'origine française, je vis au Canada depuis plus de 40 ans. Généalogiste amateure, j'essaye de retracer la vie de mes ancêtres. Grâce à l'aide inestimable de parents mais aussi à des photos d'époque et à des articles de journaux ainsi qu'à des documents d'état civil et d'archives, je m'efforce de remonter le temps. Les articles réunis dans ce blogue sont principalement destinés à ma famille mais aussi à toute personne intéressée à l'histoire du quotidien et de gens ordinaires ayant mené une vie supposément sans histoire. Dominique G.

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